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Bernard GUILLOT
Psychiatre psychanalyste, il travaille depuis plusieurs années sur l’utilisation thérapeutique des jeux vidéo. Il travaille à l’heure actuelle sur le syndrome de "l’andropause".

JOUER en I.M.E. (institut médico-éducatif)
L’adolescence : état limite physiologique...


Adolescence
L’adolescence : état limite physiologique...
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Etat limite
Jeu Vidéo
Psychopathologie des jeux en ligne
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BREVES - - - - - - - - - - - - - -

Journée d’étude PraTIC : De la "Data Science" à l’infovisualisation
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Assemblée Générale OMNSH
L’Assemblée Générale de l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines aura lieu le samedi 2 Octobre à l’ICAN, 19-21 rue Erard, Paris, 12ème.
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CONFERENCES - - - - - - - - - - - - - -

Games for Health : Du potentiel thérapeutique du jeu vidéo
  Des chercheurs et des professionnels de la santé explorent les nouvelles perspectives thérapeutiques de l’utilisation du jeu vidéo. Suite à la conférence de septembre 2006, Digitalmill inc. est soutenue par la fondation philanthropique Robert Wood Johnson Foundation pour encourager le développement de cette recherche dans : le traitement des phobies (VR phobia), le fitness (Dance dance revolution), le traitement de la douleur issue de brûlure ou de cancer (Iceworld et Splash), etc.
Evolution technique et ludique des jeux vidéo
  Mardi 17 janvier, de 15h à 18h. Carrefour Numérique. Du simple pixel sur fond noir des années 70 aux décors en images de synthèse des années 90 : histoire et évolution des jeux vidéo. La table ronde sera animée par Fabrice Lourie (Cité des sciences et de l’industrie).
Women in games
  Du 10 au 11 juillet 2006 se tiendra à l’université Teeside Middlesbrough (UK) une importante conférence globale sur les femmes dans le jeu vidéo.
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L’adolescence : état limite physiologique...

Adolescence finie / Adolescence infinie


Bernard GUILLOT

En guise de préambule liminaire, je tiens à signaler que je revendique une position limite pour la présentation de cet exposé :
Il fait symptôme : pour le moment, je me refuse encore à en geler la forme, à mourir ce travail. Coquetterie adolescente, sûrement, caprice esthétique, goût du risque, affirmatif, dirait Gainsbarre... tentative de jouer une partition qu’on fredonne en tête sans l’avoir encore complètement écrite :
Je vais tenter de transformer l’essai tout en risquant au fil des aléas de mon discours s’énonçant devant vous, de tirer parti de la fraîcheur associative, de la dynamique de cette situation privilégiée où je m’expose devant vous.
Par avance, je sollicite votre indulgence pour le coté brouillon qui risque d’entacher cette entreprise consistant à se laisser aller à improviser librement sur un travail théorico-clinique qui travaille encore en nous, qui n’est pas reposé...
En revanche, cet exercice de style improvisé se revendique comme forme limite, nous paraissant fort à propos dans ces Journées AFPEP sur Les États Limites pour éprouver un vécu limite.


En 1985, nous avions publié dans notre revue Psychiatrie, “Essai sur l’addiction : le lien abyssal” Nous citions en guise de préambule une phrase de Milan Kundera in “La vie est ailleurs” : Elle est encore ici une excellente clé pour le cas clinique de Boris :

“La jeunesse est l’âge féminin de l’homme. comme ils se ressemblent tous deux, la mère et le fils ! Tous deux ont pareillement l’envoûtante nostalgie d’un paradis moniste d’unité et d’harmonie. Il veut retrouver le doux parfum de ses entrailles maternelles et elle veut être (encore et toujours) ce doux parfum.”

Autour du cas clinique de Boris 20 ans, qui nous aura confronté à toutes les couleurs rimbaldiennes de l’arc en ciel, entre le Noir du désespoir et le Trou Noir trop facile et tentant de la TS qui ne dit pas son nom au travers d’une ingestion boulimique de ses antidépresseurs, nous aurons à dialectiser ce “no man’s land” de la limite, ce concept agi de la limite qui n’existe qu’en tant qu’elle est éprouvée dans le moment fécond d’une acmée d’un délire d’acte :
le passage à l’acte suicidaire n’est pas un acte autolytique froidement raisonné : “les plombs ont sauté” dans un moment fou de surtension émotionnelle, apparaissant comme ingérable au sujet.
Phénoménologie de la limite, questionnement de ce qui fait bordure, transition winnicotienne, comment diachroniser une limite qui brusquement vous explose à la gueule, comme un jaillissement turgescent d’une éjaculation du moi trop longtemps contenue dans un tempo infantile.
Masturbation explosive en lieu et place d’une sexualité adulte opérant dans l’altérité reconnue qui fait place à l’autre, car elle est encore vécue comme beaucoup trop menaçante, illustrant à ciel ouvert, une fantasmatique archaïque.
Brutalement, le temps s’efface en instant, la pulsion se décline en orage explosif. La folie de l’instant suicidaire décline mal le temps composé d’un passé qui ne compte pas pour programmer un futur incertain. Temporalité explosive, immaturité affective, mélancolie autopunitive, produisent un “orage critique”, un moment chaotique.
L’ivresse délétère du moment critique ordalique témoigne de la folie du moment omnipotent : déni du temps, luxe provocateur d’un auto-orgasme autolytique, festival de l’explosion du Sujet comme pis aller métaphorique d’un orgasme sexuel coïtal qui se représente au Sujet comme une gageure impossible.




Boris, 21 ans, est bègue, puceau, en échec et en rupture de scolarité. Il s’envoie en l’air comme il peut, parfois en éjaculant comme un chat en rut sur les murs de sa chambre pour faire savoir à sa mère qu’il est un homme...ou en arrachant des riffs à sa stratocaster de quoi griffer d’éclairs blancs électriques un ciel noir qui n’en finit pas d’écraser le jour.

Adol escence , intum escence , détum escence , obsol escence , turg escence , évan escence , . Nous sommes dans l’essence, dans ce qui questionne la substance même du Sujet, le Es. (Wo es war soll ich werden)
Oh marée montante et descendante de sève vitale, viens dans ta généreuse folie, encore tenter de réussir la méconnaissance que justement le temps et la substance nous sont irrémédiablement comptés.
Ce flux et ce reflux de l’énergie vitale scande le processus désirant en tant que force organisatrice du Moi. Il y’a radicale discontinuité.
Il me parait fécond de faire un petit détour et de vous dire un mot des “Ados de 50 ans” : Les Rolling Stones restent le meilleur groupe de Rock N’Roll : ils assurent les mecs, ils en ont encore sacrément sous la pédale... Pareillement, Jacques Higelin interviewé déclare : “L’Adolescence c’est ce qui sépare l’Enfance de la Vieillesse”. L’âge adulte est passé à la trappe. Nous ne voulons pas “vioquer”, nous nous accrochons à la jeunesse, à l’espace des possibles. Être adulte c’est être mûr, c’est pas loin du tout d’être pourri... C’est plus vendeur du tout, ce plan là : nous voulons tous rester dans le coup, comme si seule la jeunesse signifiait pouvoir de séduire.
Où est-il passé l’enfant parricide ou matricide de ses parents ? C’est l’enfant qui dans la hiérarchie générationnelle nous pousse comme un caca vers la mort. “Pousse toi de là que je m’y mette”
Est adolescent, un Sujet Non Mûr, au sens de l’état d’un fruit dont la maturité induit sa chute de l’arbre, le précipitant vers la dégradation pourrissante au contact du sol.
L’Ado de 50 ans s’affirme dans une immaturité, revendiquée comme qualité identifiante : Le fini, le parfait, c’est la mort :
De ce point de vue, le statut d’adulte, si valorisé, si surmoïquement asséné par nos parents comme valeur de référence, devient le “Carthago delenda est” : Être sage, mûr, raisonnable, conforme aux valeurs sociales, c’est ce qu’il convient de déconstruire dans une analyse réussie : Tuer le jeune mort déjà raide de sagesse immobile, au garde à vous devant la Loi de l’UrVater, espèce de Père-Mère Dévoreur de la Horde Primitive.
C’est dans ce suicide salvateur du Sujet incipiens, in statu nascendi, dans le déboulonnage de la Statue qui nous fige dans le désir infanticide du parent qui cherche à se sauver, en tuant son légitime assassin dans la spirale générationnelle, que tente de s’imposer l’adolescent.
Notre patient Boris nous inflige la coupure, la rupture comme refus du jeu supposé aliénant de la dépendance transférentielle. Il nous dira “Vos médicaments sont bons, mais la Psychothérapie, ça ne marche pas avec moi...Il veut rester dans sa toute puissance, s’identifier à la figure mythique du rebelle, être un adepte du négativisme nietzschéen, en même temps qu’il reste prisonnier d’une multitude d’objets ludiques qui transforment sa chambre en quasi succursale de la Fnac : ainsi, il possède plusieurs appareils photo, un matériel HI-FI sophistiqué, plusieurs guitares acoustiques et électriques, ainsi qu’un micro-ordinateur : il est le fils aîné d’une famille bourgeoise de commerçants aisés qui ne sait dire non à ses caprices d’enfant gâté. La surabondance d’objets de consommation vient masquer la précarité des relations affectives parents-enfants qui en sont restées au stade nourricier.
Ce qui ne marche pas du tout chez Boris, c’est sa sexualité, dont il refuse en bloc la dimension relationnelle : c’est semble-t-il beaucoup trop dangereux, d’aller établir une relation avec UN/UNE AUTRE.

Problème d’interface, de frontière : cette ouverture est exclue, car elle expose à des menaces mortelles : BAISER c’est jouer avec la roulette russe du SIDA : “les filles, toutes des salopes, des trous à SIDA...”

Boris ne peut risquer une telle exposition. Sa conception du monde est restée complètement infantile : manichéenne, binaire : il y’a les bons et les mauvais ; c’est blanc ou noir, c’est sans nuances.
Quand il se sent déprimé, c’est d’emblée le fond du précipice, la vision extrémiste : il dit qu’il est un taré, un raté, un inadapté dans la société des gagneurs : il n’a aucune chance pour s’imposer, il doit donc être éliminé comme un parasite ou un déchet qui pollue.
Pour se forger une nature de surhomme, il s’inflige des kilomètres de piscine, il court le marathon... et ne s’arrête que quand il est perclus de tendinite.

La Crise...

Moment fécond(ant) : pic énergétique permettant une transmutation : un franchissement de cap, même si à l’instar de Sisyphe, la pente est sans cesse à remonter, mais semble-t-il, avec chaque fois, un petit coin de ciel bleu en plus offert comme prime de plaisir qui réanimera le processus désirant.
L’après orgasme est forcément triste, “les papillons ne volent plus dans le ventre”, pour reprendre une expression poétique d’une patiente, l’aube du réveil post onirique est forcément un peu triste ; “c’est déjà demain” tout reste à refaire comme si hier était vain. C’est aussi ce moment de force (au sens physique du terme), dipôle énergétique, tension-détente, intumescence-détumescence, qui nous projette dans l’emprise de la répétition : c’est chaque fois nouveau.
C’est chaque fois Revivre l’aube du Sujet, sous d’infinies déclinaisons, Variations Goldberg qu’on ne se lasse jamais d’écouter et de réécouter, comme le flux et le reflux, le Va et Vient de la mer qui s’épuise en vain sur la grève. Nous sommes déterminés, inscrits, marqués par ce moment originaire qui fonde notre énergétique pulsionnelle.
Ce qui s’impose à l’adolescent, c’est de reconnaître cette force, de la domestiquer, de la gérer, c’est à dire apprendre à la dialectiser dans le social, dans le relationnel.
Interagir avec l’Autre, dans le langage du corps, Communiquer en langage sexuel avec l’Autre tout en dépassant les peurs archaïques que sont angoisses d’effraction, d’intrusion, de pénétration, de destruction. Voilà une gageure difficile pour l’adolescent. Comment ce choc énergétique, ce télescopage pulsionnel dans la rencontre du désir de l’Autre, permet-il au Sujet d’en Réchapper ?
Se défaire d’un regard avide, avaleur, gourmand, d’une mère-pieuvre qui vous investit comme sa chose, son objet aimé... Se protéger du regard meurtrier d’un père jaloux, éconduit dans l’estime de la mère.
Scène oedipienne tragique, théâtre de la scène originaire, où il convient de se débrouiller au mieux, en limitant la casse, pour ne pas se faire bouffer ou tuer.
“Ça commence par le regard ; c’est comme une communion, une symbiose. Oui, dans son regard il y’a comme un deuxième regard. C’est comme si elle avait trouvé en moi la satisfaction de ce qu’elle ne trouvait pas en mon père”
Devenir Soi, se libérer des entraves parentales, tout en s’identifiant en marquant sa place dans le rang générationel. Il s’agit presque d’un défi impossible.
L’attachement à la mère, ce lien abyssal, selon la manière et l’importance dont il a en plus, en moins, en trop, en pas assez, noué sa texture entre la mère et l’enfant, donnera jour à tout un continuum d’états pathologiques allant de la schizophrénie à la névrose obsessionnelle pour pointer les extrêmes, la partie médiane, lieu-dit des états limites ou des problématiques narcissiques, telle la dépression du vide, la toxicomanie, l’homosexualité, les issues psychosomatiques et perverses, san s s’oublier la mélancolie ou dépression de deuil ou de perte d’objet.”
Que devient l’énergie quand le haut-parleur sexuel est “bypassé” : la sublimation est une reconnaissance de la pulsion qui est détournée de son but à des fins essentiellement créatrices : la pensée, l’oeuvre d’art, voire la mystique...
Chez Boris, il convient de parler de dysharmonie émotive, pour pasticher le concept de dysharmonie cognitive (B. Gibello)
La dysharmonie n’est-elle pas physiologique chez l’adolescent, en tant qu’il est dans le champ des possibles, dans le Brut de la pulsion non encore bien “tempérée”, mais dans l’orage, la tempête, le sismique, le disruptif et le transgressif.
L’éprouvé de la limite en tant qu’elle fonde le territoire du Moi, qu’elle borde le Moi/Non-Moi est une expérience fondatrice, indispensable caractéristique de la crise d’adolescence. C’est ce travail de la limite à l’adolescence, qui rend pertinent la notion d’état limite physiologique adolescent.
A nouveau un petit retour à l’article sur le lien abyssal :
Le parcours initiatique adolescent, maïeutique essentielle (es= sujet) se pose “en problématique de l’Être et non de l’Avoir (ou pas un Objet). C’est pourquoi, nous avons délibérément accordé peu d’intérêt à l’objet drogue et à ses effets psychopharmacologiques, convaincu que nous sommes, que c’est le Sujet, dans son drame existentiel, qui va s’aliéner à la drogue, cherchant une réponse à sa question Hamlétienne , et non pas la drogue qui l’aliénera...../....
L’ancrage à la drogue s’arrime au niveau d’une blessure narcissique à type de dépression du vide, que le drogué combat par le remplissage toxicomaniaque, démarche de déni agi, tentative leurrante d’autothérapie anesthésiante de la souffrance de se sentir en manque.”

Boris a avec ses objets une relation banale de consommation : nous dirions un brin provocateur : à peine ingéré/acheté/possédé, l’objet perd sa qualité de support imaginaire convoité plus que désiré dans une dynamique de l’étayage du processus désirant. C’est bien dans le ratage de la perte de l’objet consommé dans la surabondance d’objets perdus de vue et ayant perdus du sens qu’un impossible frayage dans la voie du désir se condamne à sa répétition bégayante. L’amoncellement d’objets de consommation devenus dérisoires vient faire bouchon et fonction colmatante au travail de perte d’objet : pour qu’il y ait fantasmatisation, désir, il importe que la place de l’absence soit reconnue, subie et soufferte, au sens d’un travail effectué, tel que celui consistant à percer un trou pour se frayer un passage.
Dans la cure Boris joue beaucoup avec sa toute puissance : il projette sur nous le mépris qu’il voue à son père qui n’a pas su à ses yeux triompher de sa mère. Il joue à nous rendre impuissant à le soigner ; il répète à l’envie que la psychothérapie c’est bidon... Il essaie de nous manipuler de nous réduire au seul rôle de pourvoyeur d’ordonnances qu’il détourne de l’usage normal pour se constituer un petit stock qu’il espère capable de le satelliser dans l’au delà quand lui l’aura soi-disant décidé dans un moment critique de folie toute puissante.
Nous sommes effectivement tenu en échec, par cet adolescent qui a semble-t-il besoin de scier la branche sur laquelle il est assis. Il a besoin de nous rejeter comme pour s’entraîner à réussir la coupure avec sa famille : il est encore totalement dépendant comme un enfant de sa mère. Il ne peut construire un projet sexuel autre que masturbatoire : il se branle pour faire savoir à sa mère qu’il est viril, tandis que toutes, elles sont forcément des salopes, des trous à Sida comme il se plaît à le répéter à l’envie... Quand il parle des femmes, son ton devient forcené et totalement démesuré : c’est l’ennemi à abattre, tellement l’angoisse de castration parait ingérable.
Face à une telle difficulté dans la psychothérapie, il nous parait tentant de faire diversion en proposant un objet de médiatisation autre que les médicaments psychotropes dont on a pu voir le mésusage au profit du transfert négatif agi plutôt qu’élaboré dans la verbalisation du conflit.

Boris ne nous parait pas si éloigné que ça de nos patients toxicomanes qui sont morts d’overdose (cf. le lien abyssal)
Casser le ping-pong stérile de l’agressivité mortifère, pure provocation de l’extrusivité anale qui signe une régression au stade sadique anal où l’on peut s’arc-bouter efficacement contre les angoisses de type schizoparanoïdes que génère une mère que le sujet qualifie lui-même d’hystérique folle. Elle crie sans arrêt et elle aurait efficacement muselé/castré le père. En même temps, ces parents décriés et disqualifiés, cèdent à tous ses caprices en l’inondant de biens matériels... Se maintenir dans une position de mousquetaire paranoïaque sadique anal qui éjacule comme un chat en rut qui marque son territoire, ou à la manière du poulpe qui jette de l’encre est le symptôme de Boris qui a trop peur de mettre en jeu/ en scène son pénis alors qu’il serait mû par un désir sexuel : c’est évidemment follement dangereux. Boris nous déclinera cette angoisse sous plusieurs formes :

Il est évident, qu’à l’instar des héros de videogames, il s’invente une prothèse phallique indestructible : un jour il arrive en séance avec une bombe antiagression noire tout à fait phallomorphique, qu’il porte d’ailleurs dans la poche droite de son jean, ce qui lui donne l’apparence d’être “bien monté”. Dans la poche gauche, il a un cutter qu’il a peint en noir : à mes questions, il exhibe le cutter et le manipule avec beaucoup de plaisir tandis qu’il en maîtrise l’érection progressive, cran par cran... Une autre fois il arborera un couteau papillon à cran d’arrêt, toujours porté au plus près de ses génitoires. L’association de ses deux prothèses métalliques noires, le couteau érectile et la bombe lacrymogène, constitue un appareillage pénien espéré invulnérable et qui ne peut défaillir : ça érecte/blesse et ça crache son venin à volonté sans défaillir.
Mise en scène dérisoire d’une impossible détumescence qui signe l’impossible du vécu de la castration chez Boris lui fermant par la même, la voie commune de la sexualité adulte faite de reconnaissance de l’autre et de partage à l’abri des angoisses archaïques.
L’autre variante de la prothèse pénienne c’est la batte de base-ball qu’il trimballe pour faire face à toute éventuelle agression, surtout dans le métro : c’est évident, il ne s’y sent pas à l’aise dans cet immense sexe féminin souterrain... Mais c’est encore une autre mise en scène qui nous apparaîtra comme encore plus évocatrice : il est venu plusieurs fois à la séance avec à la main un grand étui en cuir noir contenant une queue de billard télescopique. Une telle mise en scène de sa problématique phallique qu’il n’ose aborder qu’au travers de ses dérisoires mises en scène hors langage, mais dans l’urgence d’un acting qui s’énonce dans l’être là du Sujet s’offrant au regard d’autrui dans un Da Sein singulier où le prothétique vient parer le membre en souffrance d’une blessure dont les mots pour la dire sont encore en souffrance.
C’est pour transmuter ce signifiant prisonnier de la prothèse en mots libres dans le champ du discours de Boris qu’il nous apparaît intéressant de faire détour et de jouer avec lui en fourbissant nous aussi
un objet magique : l’ordinateur.

Nous avons en effet testé sur nous même ses vertus prothétiques et sa qualité essentielle de catalyseur de créativité capable de dégeler une capacité de penser qui chez Boris, est encore figée, hypothéquée à la dépendance archaïque à sa mère.
En 1989, nous avons écrit un travail de recherche non encore publié :
“La micro-informatique comme outil de resocialisation des jeunes en rupture”
Nous y avons réfléchi à l’approche thérapeutique : et je vous cite quelques fragments de ce texte :

“C’est bien parce que l’ordinateur peut, .../..., être perçu comme objet drogue voire comme objet mythique que dès lors puisse s’opérer une puissante mobilisation fantasmatique et pulsionnelle, de nature à "arracher" ces jeunes à leur enfer, clôturé de hauts murs hérissés des barbelés du désespoir.

Nous proposons, de les "accrocher" au niveau régressif où ils se sont recroquevillés :
Sujets en souffrance adolescente, plus ou moins en rupture, plus ou moins marginalisés, en coupure de communication, projetant à l’extérieur leur doute intérieur, ils sont en manque majeur de confiance en eux-mêmes, faute d’avoir pu étayer leur "ego" sur de bonnes imagos parentales, support d’une identification réussie, laquelle permet de s’adapter et de s’insérer valablement dans la société..../....
Réalité de la Loi du plus fort, hypersélection, marasme et crise économique avec le spectre du chômage.../...

Notre approche , se fixe pour objectif de privilégier une prise en charge à visée resocialisante, gratifiante pour le sujet, capable de remotiver une combativité perdue, aux fins de leur redonner une chance qui leur est due, un espoir, plus qu’un but, une raison de vivre.

Les valeurs mythiques que mobilise la micro-informatique, comme nous les avons précédemment énoncées, sont des valeurs de la série de "l’affirmation phallique", témoin de l’instinct de vie qui combattent les représentations de mort si présentes à l’adolescence, période qui nous confronte au travail de deuil de la "toute puissance infantile"..../....

Nous leur proposerons d’abord de
JOUER avec l’ordinateur. Le jeu procure plaisir, relaxe le corps et détend l’esprit. Son action, bienfaisante peut contribuer à mobiliser positivement le joueur. Il parviendra à se décentrer de lui même, à quitter son recroquevillement narcissique défensif.
Grâce à la stimulation et à la propriété interactive du jeu sur "
µo ", nous pensons être en mesure de réveiller le potentiel créateur, de mobiliser les fantasmes, et de permettre au sujet bloqué dans son impasse, d’en sortir en réinvestissant un objet et ce d’autant plus facilement, que le µo serait investi comme une véritable "prothèse narcissique", un quasi organe supplémentaire venant se greffer justement là où ça manque le plus.
Dans un travail ultérieur de la même année 1989, également à paraître, intitulé : “De la Toxicomanie à la Création, grâce à l’outil informatique”
nous avons mené plus en avant le travail de théorisation de cette approche originale, s’appuyant sur un objet médiateur :
Nous en citerons quelques fragments illustrant bien notre propos actuel :

Devenir Sujet désirant, c’est être capable d’halluciner le manque d’objet, de pouvoir différer la satisfaction, par la mise en branle du processus désirant nourri par la représentation de l’objet du désir. C’est bien l’absence qui permet le désir : c’est ce que l’enfant élabore petit à petit en se servant de l’objet transitionnel décrit par Winnicott, en jouant à l’absence/présence avec ses objets de jeu, ce que Freud a décrit (Fort/Da).

Comment réussir la mise en oeuvre d’un véritable "aiguillage SNCF" pour faire cesser la voie leurre toxicomaniaque, sortir du labyrinthe infernal pour retrouver la voie de la Création, qui suppose la découverte d’un objet non-moi, afin d’investir la réalité en tant qu’elle est reconnaissance de l’Autre.

Notre hypothèse de travail sera donc la suivante : le drogué est "accroché" à un objet mortifère, il convient de lui proposer de s’accrocher à une autre "locomotive" et de l"aiguiller" sur la voie de la Création. Il nous parait pertinent de se mettre à son niveau, de se servir de sa modalité propre de relation objectale et donc de partir de la notion d’objet-leurre ou d’objet-prothèse, en clair de nous situer en l’accompagnant dans sa position régressive en lui proposant un objet ludique auquel nous attribuons des qualités étayantes, de nature à contribuer à l’édification d’un "bon objet interne" faute de quoi il ne peut y avoir de Création.

Il convient de substituer à l’objet drogue (antiobjet) un autre objet dont la structure nous apparaît voisine, au point de constituer un leurre efficace, disons le positif. Cette démarche est couramment utilisée en Médecine : les Benzodiazépines sont efficaces sur l’angoisse, car elles se fixent sur les récepteurs spécifiques à la place des médiateurs physiologiques qu’un sujet sain est capable de générer tout seul pour lutter efficacement contre le Stress...../.....

L’ordinateur peut au départ être présenté comme un objet ludique permettant de "s’absorber" complètement dans le jeu, de ne plus être assailli de "mauvaises pensées", de ne plus souffrir et donc d’échapper au Stress. Dans son approche ludique, il possède indiscutablement des propriétés "benzodiazépine like".
Le patient manipule le clavier et la souris tandis que son regard s’absorbe dans l’image produite à l’écran et qu’il est baigné par un accompagnement sonore. Il est seul, sans être tout à fait seul : la relation est interactive : l’adaptation psychomotrice auditive, visuelle et tactile requise par le jeu mobilise le joueur aux fins de réussir un problème, même simple, mettant en oeuvre les réflexes, la rapidité d’analyse d’une situation de jeu où l’objectif est de se rendre maître de la situation, ce qui procure une satisfaction gratifiante..../....

La séance de jeu sera donc un "holding" et un "handling" au sens winnicottien, elle sera une tétée suivie d’une séparation scandée par la fin de la séance ouverte sur la prochaine séance, cette scansion présence-absence devant être le moteur de la cure, en tant qu’elle inflige consécutivement au nourrissage le manque et la séparation. Il y’a lieu d’insister sur la rupture qui est là effectuée : dans cette scansion se présentifie le tiers porteur de la Loi, la Loi de l’Autre, qui par l’absence fraye le chemin du désir.

Alors que le drogué fonctionne dans la toute puissance infantile ne reconnaissant que la seule loi de son plaisir inféodé au primat du besoin, il met en place un dispositif de maîtrise et d’emprise qui lui permet de se fournir lui même en drogue, les intermédiaires comme le "dealer" n’ayant qu’un statut d’objet partiel : tout fonctionnerait "hors relation"...
Le dispositif thérapeutique vise à court-circuiter l’emprise, le micro-ordinateur ne doit pas devenir un quasi objet drogue que le patient consommerait de façon anarchique en le "maîtrisant" à sa guise, ici et maintenant et tout de suite, quand ça démange.
Au contraire, il convient qu’il soit présenté comme l’objet proposé par l’Autre, et en tant que porteur d’altérité, il est important qu’il reste la "chose" du thérapeute, faute de quoi, il ne serait plus un objet de médiatisation. Il peut donc revêtir les qualités de l’objet transitionnel ou fétiche dans le seul espace-temps de la séance..../.....
Faire un bon score, gagner, s’identifier au héros d’un jeu d’arcade, rivaliser avec lui, se mesurer à lui, faire preuve d’adresse, de persévérance, s’entraîner pour améliorer son score afin d’être meilleur, plus fort et d’en jouir au sens où l’on s’autorise à une démarche positive renforçatrice de l’estime de soi, sont des "conditionnements naturellement positifs" qui peuvent certainement s’avérer positifs chez le drogué.
Le principe et le "cadre" de la séance de jeu visent à exclure la possibilité de "se droguer à l’ordinateur" ou de devenir un "videogame addict".
Il existe une très grande variété de jeux, des plus sommaires aux plus élaborés. Cette variété est un "plus", elle implique la diversification, appelle le réveil de la curiosité pour les objets, en le décentrantdesaposition régressive autocentrée.
Jouer , mobilise une fantasmatique apaisante et constructive en lieu et place de la tromperie aliénante dans laquelle s’abîme le drogué pris au jeu de la roulette russe de la drogue..../....
Il convient d’observer les bébés stressés : ceux qui parviennent à se calmer, le font via l’objet transitionnel qui est Vu, Touché/manipulé, Senti. L’action calmante sur le psychisme s’obtient par l’effet combiné de 3 sollicitations sensorielles qui vont "nourrir" le psychisme en état de manque. Il se produit un étayage via cet objet leurre, support de la mère (porteur de son odeur calmante/nourricière), de telle sorte que le bébé croit à sa présence via ce leurre qu’il pétrit comme le sein et réussit petit à petit à halluciner : il s’adapte psychiquement à son absence, il devient capable de se réassurer en espérant son retour. Il réalise ainsi la première temporalisation...../.....

L’ordinateur lui propose une alimentation ludique diversifiée, séance après séance, il pourra mobiliser sa curiosité, désirer de nouveaux objets, ce qui constitue une démarche indispensable pour réinvestir le monde des objets. c’est spécifiquement cette démarche qui permet à l’enfant de devenir créateur au sens où l’enfant le devient en manipulant une variété d’objets qu’il combinera au gré de sa fantaisie, jusqu’au maniement de seuls objets psychiques au niveau de la pensée créatrice de concepts.
Chaque jeu a sa règle, chaque programme impose son déroulement codifié : le plaisir du jeu s’obtient à condition de se plier à la règle du jeu. Il s’effectue à ce niveau une métonymisation du fétiche vers la règle que nous pouvons repérer comme le précurseur symbolique de la Loi sociale. En jouant, petit à petit on quitterait le monde de l’emprise, du sentiment de la toute puissance infantile, de l’impérieuse nécessité du recours au fétiche, pour évoluer vers le sens de la règle du jeu qui parce qu’elle est respectée, ouvre au sujet la voie de la réussite et du plaisir.
Ainsi, respecter une règle qui ne serait plus celle de la toute puissance de son désir "ici et maintenant et tout de suite", mais celle de l’Autre, moyennant quoi, on accède à la réussite du jeu et à la satisfaction concomitante, serait une démarche fortement socialisante.


Le jeu thérapeutique sur micro-ordinateur permettrait de concurrencer le rituel libidinal de la toxicomanie dans sa nature régressive autocentrée, en "accrochant" le sujet dans une démarche d’ouverture vers l’autre. Le micro-ordinateur serait alors "l’aiguillage" qui rétablirait l’investissement de l’autre.
Jouer contre l’ordinateur offre une situation prototypique d’altérité, cet Autre présent derrière la machine ayant la qualité homogène de la supposée neutralité bienveillante.

Le psychothérapeute accompagne de sa présence le joueur, l’assiste éventuellement, sans intervenir intempestivement, son rôle étant d’abord d’être là, présent alors que le patient "joue-tête". Il représente le couple condensé des parents, celui qui nourrit, celui qui signifie la Loi.
Il a la responsabilité majeure d’agir la scansion présence-absence qui ponctue les séances, d’infliger la coupure et le manque tandis qu’il représente la fiabilité d’un futur possible dans les séances à venir.
Le jeu doit être poursuivi aussi longtemps qu’on lui reconnaît une fonction étayante, nécessaire au parage narcissique indispensable à de tels patients.
Ce n’est qu’après coup, que le jeu pourra se transformer en construction, l’ordinateur pouvant alors servir de support pédagogique et d’instrument de formation à la maîtrise des logiciels de traitement de texte ou des feuilles de calcul. Le temps thérapeutique fera place au temps de l’apprentissage et de la formation ouvert sur la socialisation d’un sujet devenu autonome et capable de relation satisfaisante avec les autres.

Sous forme résumée nous pourrions préciser les choses comme suit : (cette présentation avait d’ailleurs fait l’objet d’un poster lors de journées AFPEP.)

L’ordinateur est un catalyseur de créativité ,

dès lors, il a sa place dans l’arsenal thérapeutique du Psychiatre.
Soigner, c’est Construire, c’est un acte de Création : il nous apparaît tout à fait pertinent d’utiliser l’ordinateur comme un objet transitionnel, ou
objet-prothèse .
Jouer , c’est le socle fondateur de la Création. C’est donc l’étape obligée vers le redémarrage d’une créativité inhibée, exclue ou interdite...
Les pathologies addictives et dépressives, les problématiques de l’identification chez l’adolescent et l’enfant en tant qu’elles s’originent au niveau de la "toute puissance narcissique infantile", d’un Deuil à élaborer vis à vis d’un objet du Moi-Idéal, nous paraissent être les indications de choix de la
thérapie transitionnelle .

"L’endeuillé" colmate via des stratégies leurrantes ou d’évitement phobique, il nous parait pertinent de le réorienter vers la Création grâce au catalyseur de Créativité qu’est l’Ordinateur, dans la mesure où cet objet est également appréhendable comme Objet-Drogue , comme prothèse nécessaire à la toute puissance infantile, d’où assimilation de la greffe informatique qui fonctionne comme un prolongement du Sujet. Il est capital de comprendre cette fonction orthopédique , elle nous apparaît aussi légitime que l’est la béquille chez le blessé du membre inférieur : au niveau psychique va s’opérer un véritable investissement contre-dépressif .
Il appartient alors au thérapeute de poursuivre le Jeu aussi longtemps qu’on lui reconnaît une fonction étayante.
Après-coup, le Jeu pourra se muer en
Construction , l’ordinateur pouvant alors servir de support pédagogique et d’instrument de formation à la maîtrise des logiciels de Traitement de Texte ou des Feuilles de Calcul, pour en arriver au nec plus ultra de la Créativité à savoir la Programmation d’une application correspondant aux besoins spécifiques du Sujet.
Le temps ludothérapique fera place au temps de l’apprentissage et de la formation, ouvert sur la socialisation d’un Sujet redevenu autonome et capable de relation satisfaisante avec les autres, grâce à la transmutation énergétique opérée par la relation transférentielle médiatisée par le catalyseur énergétique qu’est l’ordinateur.

Pour conclure cet exposé forcément limite puisqu’il est entrain de vouloir ramasser dans un même article plusieurs essais qui s’étalent sur plus de 5 ans, nous terminerons en vous livrant en dégustation, une de mes contributions sur un serveur où je communique avec des inconnus qui partagent comme moi, une certaine passion pour la microinformatique. Le contenu est tout à fait révélateur de la problématique adolescente, et de la mienne en particulier, encore et toujours encore à perlaborer...
La communication virtuelle quel pied, si j’ose l’expression :
5762 - A JAR (54 l.)
Bernard GUILLOT (BG76) - 11 mar 92 00h24 (109 lec.)
Origine : 5757

.../...
Nous sommes une famille d’initiés célébrant le même culte à la même mère phallique Macintosh : gros Pénis archaique-Sein primitif qui nous baise et qu’on tête comme des drogués assoiffés d’identité en mal de je ne sais quelle prothèse conférant toute puissance, performance, vitesse turbo etc...... bref "la totale complète quoi", mais qu’à tout prix l’on nous masque la castration, la faille, la blessure qui nous estampille comme morticole alors que "la Bécane le Mac" nous sert à notre insu d’aire de jeu winnicotienne, d’espace potentiel, de surface de réparation, de lieu de projection de nos impuissances indicibles, de scène sur laquelle nous bricolons un petit théâtre dérisoire en upgradant, en greffant un copro par ci un RamCache par là : tout sauf rétrograder, se figer, vieillir : nous refusons l’obsolescence en nous agitant dans une adolescence infinie qui nous conforte dans l’illusion d’une détumescence impossible. Nous sommes drogués, fragiles narcissiquement : qu’un étranger non habilité pénètre notre chapelle et c’est le flip, la débâcle identitaire : et l’autre s’il nous voyait ligoté dans la contrainte du rite de la planche à voile hypercardienne :
combien de nuits ai-je passé avant de réussir une belle stack et d’arriver à penser en hypertalk quitte à me réveiller en pleine nuit pour aller déboguer ou changer une seule ligne de programme qui dégèle tout un handler qui merdait : quel pied mais est-ce bien normal une pareille frénésie programmatrice : Ca visait à réparer quoi... en tout cas ces travaux d’Hercule hypercardiens cardiens ont été une extraordinaire thérapie antidépressive alors que le divan, ça m’avait laissé un peu comme en pièces détachées...
Cet extrait d’une contribution dans le Forum Communications de la Cité Macintosh du réseau CALVACOM fera conclusion : il témoigne d’un "travail d’adolescence infinie", empruntant au passage cette formule, au titre célèbre de Freud : (1937)
"L’analyse finie et l’analyse infinie"


 OMNSH - Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines - Association Loi 1901