• Sophie Daste

Succession d’empreintes de la culture Peter Pan (fusion des cultures otaku et geek) dans l’art numérique

2008 / Esthétique, Arts, Design / Mémoire

Université Paris 8 - UFR Arts, philosophie, esthétique, département arts plastiques - Master 2 : théorie et pratique de l’art contemporain et des nouveaux médias

Allocution du mémoire

Ma recherche porte sur l’impact dans l’art numérique de ce que je nomme la culture Peter Pan. Cette culture Peter Pan est en fait la fusion entre les cultures nationalistes otaku et geek. La culture otaku est une culture japonaise faisant référence entre autres aux mangas et animes tandis que la culture geek réfère majoritairement aux héros de comix et à la science-fiction. Ces deux cultures, au-delà d'être des cultures générationnelles, sont toutes les deux fortement liées à la pratique de l’informatique. Les otakus et les geeks ont comme point commun déterminant : le refus de grandir pour grandir. Cela m’a conduite à utiliser le néologisme de culture Peter Pan.


J’ai remarqué au travers de différents festival et d'exposition qu’il y avait dans les œuvres exposées de plus en plus de références à ces deux cultures. Dans l’exposition ANIMANGA ! du festival Exit 2007, le sujet otaku dépassait allègrement les frontières japonaises. Au cœur de cette exposition des références étaient aussi faîtes à la culture geek, comme l’œuvre de l’artiste belge, Wim Delvoye, représentant l’héroïne des studios Disney, Ariel, tatouée sur une peau de cochon.
Salvation Army, de l’artiste taïwanaise Chu Kristy, est une collection de peluches aux effigies des stars animées, la collection offre un subtile mélange entres plusieurs cultures enfantines puisqu’on peut y voir la japonaise, Hello Kitty côtoyer l’américain, Mickey et le groupe français, les Schtroumpfs… La première étape de ma recherche a donc était un constat : la présence d’empreintes des cultures otaku et geek dans l’art contemporain.


Ce qui m’intéressait aussi été ce lien entre ces deux cultures et l’informatique, j’ai donc regardé plus précisément dans la direction de l’art numérique. Constat confirmé par l’exposition de l’artiste chinoise, Cao Fei, au Plateau, les références à la culture otaku étaient nombreuses, comme son film intitulé Cosplayers, présentant de jeunes chinois habillés en héros de mangas arpentant le bitume hongkongais. Une série de photo, Un-Cosplayer réalisée deux ans après le film, mettait en scène d’autres cosplayers habillés en héros de comix book. Dans son dispositif Whose Utopia, Cao Fei fait référence à travers deux posters d’idols taiwanaises, au drama, Romantic Princess. Ce soap opera raconte le conte de fée d’une jeune taïwanaise pauvre qui se retrouve du jour au lendemain devenir l’unique héritière de l’homme le plus riche du pays. La référence à cette série taïwanaise ne pouvait être comprise que par une personne reconnaissant les idoles des deux posters.

Cette constatation a donc orienté ma recherche autour de la question : Faut-il être versé dans ces nouveaux codes culturels pour comprendre certaines œuvres de l’art numérique ?

Jury

Jean-Louis BOISSIER, directeur de recherche, Professeur HDR à l'université Paris8.

Gwenola WAGON, présidente du jury, Maître de Conférences à l'université Paris8.

Jean-Noël LAFARGUE, Maître de Conférences Associé à l'université Paris8.